Marigot, la capitale créole

Marigot, principal bourg de la partie française

Le bourg de Marigot doit son nom à l'existence de nombreux marécages, les marigots, qui s'y trouvaient autrefois. Grâce à la production de la canne à sucre, Marigot connaît un essor rapide au cours du 18ème siècle et devient la capitale de la partie française. Les commandants successifs y installent leur siège. En 1970, le comblement d'une partie de la lagune permet l'extension du village. Puis un autre comblement en 1990 autorise la construction de la route qui longe le front de mer.
Devenu la base de la sous-préfecture des deux Îles du Nord, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, le bourg de Marigot concentre en son sein l'ensemble des services administratifs (Hôtel de la Collectivité, services de la sous-préfecture, police aux frontières, douane...). Différents quartiers composent Marigot : Agrément, Hameau Du Pont, Galisbay, Concordia, Sandy Ground, Saint- James et Bellevue.

La rue de la République

Cette rue est l'une des artères principales de Marigot. Ses façades d'habitat traditionnel datent du 19ème siècle et ont conservé, pour la plupart, l'authenticité architecturale de cette époque. Le rez-de-chaussée des bâtiments est construit en pierres assemblées par un mortier de chaux, tandis que le premier étage est en bois, selon les méthodes de construction d'une case traditionnelle. La façade est axée sur la rue et possède au moins une galerie à l'étage, ornée de frises, également appelées « gingerbreads », ainsi que des balustrades finement ouvragées. Au bout de la rue, sur le front de mer, le marché de Marigot propose saveurs et couleurs traditionnelles tous les jours de la semaine, sauf le dimanche.

L'église catholique de Marigot

Édifiée sur la route du Fort Louis, l'église a été bâtie en 1841. Avant cette date, et face à la dominance de la présence anglo-saxonne, de religion majoritairement protestante, les personnes de religion chrétienne catholique étaient minoritaires et n'avaient pas de lieu de culte. En 1841, le Père Wall prend ses fonctions à Saint-Martin et entreprend l'édification de l'église de Marigot. Il fait également construire l'église de Grand-Case un an plus tard et selon les mêmes techniques, employant de la pierre et de la chaux. En 1871 et 1872, des extensions, ont été rajoutées à l'église de Marigot. La petite chapelle attenante au presbytère a été intégralement rénovée il y a quelques années, suivant les techniques de fabrication du milieu du XIXème siècle.

Le Fort Louis

Surplombant la baie de Marigot, face à Anguilla, le Fort Louis a été construit en 1789 par la population du bourg de Marigot, sous l'impulsion de Jean-Sébastien de Durat, alors Commandant de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy pour le Roi de France. Sa vocation première était de défendre les entrepôts du port de Marigot, où étaient stockées les récoltes (sel, café, sucre de canne, rhum). Puis laissé à l'abandon, le Fort Louis est tombé en ruines. Il a ensuite été restauré au XIXème siècle, pour être de nouveau laissé à l'abandon. Pendant cette période, il a également été le siège de batailles entre Français et Anglais, ces derniers débarquant régulièrement d'Anguilla pour piller les entrepôts.
Pour accéder au Fort Louis, il faut gravir les 91 marches qui se trouvent sur le parking de l’ancienne sous-préfecture, derrière l’église catholique. Une table d’orientation y est installée.

L'ancienne prison de Marigot

Située dans une petite ruelle qui monte vers le Fort Louis, la prison a été construite en même temps que ce dernier, en 1789, sous les ordres de Jean Sébastien de Durat, alors commandant de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy pour le Roi de France. Jusqu'en 1968, les prisonniers y étaient détenus. La prison a ensuite été transformée en caserne des pompiers de Saint-Martin. Si elle a subi de nombreuses transformations, sa façade située rue Perrinon reste proche de celle d'origine. Actuellement, il n'y a pas de prison en partie française de Saint-Martin. Les détenus sont incarcérés à la prison de Basse-Terre, en Guadeloupe.

Le Pont de Durat

Contemporain du Fort Louis et de la prison, le Pont de Durat, construit en 1789, est un pont de pierres qui se trouve à la sortie de Marigot, en direction de Grand Case. La population avait souhaité que le pont soit baptisé Pont de Durat en l'honneur du commandant qu'ils aimaient et respectaient. Une pierre de taille placée au centre du parapet portait cette inscription. Mais ce symbole, représentant le pouvoir aristocratique pour les révolutionnaires, a été retiré et remplacé par l’inscription 1789, date de la révolution française contemporaine de la construction du pont. Situé dans le quartier « Hameau du Pont », l’édifice permet aujourd'hui aux eaux pluviales provenant des mornes environnants de s'écouler dans l’étang de Galisbay. 

Le tombeau de François-Auguste Perrinon

François-Auguste Perrinon, né en 1812 en Martinique, a activement participé au courant d'idées abolitionnistes de l'esclavage. Actionnaire des sociétés exploitant les salines de Saint-Martin, il publia un ouvrage, en 1847, intitulé « Résultat d'expériences sur le travail des esclaves ». Un ouvrage qui tendait à démontrer que les esclaves affranchis et rémunérés fournissaient un travail de meilleur rendement que les esclaves maltraités. En 1848, il fait partie de la commission de Victor Schoelcher, où il défend la thèse d'une indemnité due aux esclaves. En fin de carrière politique, il décide de se retirer à Saint-Martin pour y reprendre l'exploitation des salines. Il y est mort en 1861. Sa tombe se trouve au cimetière de Marigot. 

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